2017, 150ème anniversaire de la naissance de Franck Perret (1867-1943)

Un vulcanologue américain à Saint-Pierre, 1930-1940

 

 

Frank A. Perret est né à Hartford dans le Connecticut, Etats-Unis, le 2 août 1867. Ingénieur électricien de formation, spécialisé dans les inventions, il entreprend des études de vulcanologie à l’âge de 35 ans et fait de l’éruption du Vésuve de 1906 son sujet d’étude.

En 1930, il s’installe à la Martinique quelques mois après le début de l’éruption de 1929 et depuis un poste d’observation étudie les manifestations du volcan. Il produit de nombreux rapports qui permettent de reconnaître les mêmes stades successifs que ceux mis en évidence lors des éruptions de 1902 par Alfred Lacroix, son contemporain, dont il rallie les théories nouvelles sur les nuées ardentes, et avec lequel il garde un contact permanent.

La municipalité de Saint-Pierre alloue à Frank Perret une partie du terrain de l’ancienne batterie militaire D’Esnotz située dans le quartier du centre sur lequel il construit un musée de vulcanologie qui porte son nom. C’est pour la Martinique qu’il le construit, souhaitant la doter d’un nouveau et précieux document sur l’histoire et la science. Il y parvient grâce aux dons de personnalités diverses, américaines et françaises, et grâce à l’octroi d’une subvention de 30 000 francs par le ministère des Colonies. Il fait don du Musée à la ville qui en devient propriétaire à son décès en 1943.

Franck Perret produit des œuvres scientifiques sur le Vésuve, le Montserrat, pour lequel il établit des relations entre les phénomènes volcaniques profonds, les manifestations éruptives et la séismologie, et sur le cycle éruptif de la Montagne Pelée qui donne lieu à une publication « L’éruption de la Montagne Pelée, 1929-1932 », en 1935.

Il collabore avec l’Académie des Science de Paris, l’Institut Carnegie Washington dont il est membre, et avec de nombreux autres instituts étrangers. Ses travaux, illustrés de ses propres photographies, sont publiés dans divers magazines et revues scientifiques dont le Naturel History et l’American Journal of science.

Son travail scientifique s’étoffe de nombreux brevets d’inventions en vulcanologie telle le séismomètre qui permet de déterminer le nombre de secousses ressenties et la direction dans laquelle elles se sont produites, et l’enregistreur des émanations de gaz volcaniques, appareil destiné à simplifier la surveillance des stades pré et post éruptifs.

Il quitte la Martinique en 1940 pour rejoindre les Etats-Unis où il s’éteint en 1943 à l’âge de 76 ans.

 

Pour en savoir plus :

A consulter aux Archives de Martinique :

. Fonds du gouvernement de la Martinique, 1M 10582/A et 1M 90551/D
. Volcanologiecal observation, F. A. Perret, réédition 1950, B2/51
. The volcano. Seismic at Montserrat, 1933-1937, F. A. Perret, 1939, 4°H10060
. 1902 et après : conséquences et représentations de l’éruption de la montagne Pelée (1902-1930), Archives départementales de la Martinique, 8°H12607
. Saint-Pierre avant et après : guide pour la visite, Maïotte Dauphite, 8°H12119

 

En illustration :

1 - Portrait de Franck Perret devant l’entrée du musée vulcanologique à Saint-Pierre. Photographe Victor Sainte Luce. Martinique, 1937. Archives de Martinique, 35Fi30.

2 - Le musée de Franck Perret en construction. Archives de Martinique, 35Fi109
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3 - Le musée de Franck Perret terminé. Photographe Victor Sainte Luce. Martinique, 1937. Archives de Martinique, 35Fi25.

4 - Objets fondus et agglomérés par la chaleur de l’éruption de 1902 exposés au Musée Franck Perret. Photographe Victor Sainte-Luce, 1937, Archives de Martinique, 35Fi26.

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