COMMÉMORATION DE L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE

22 mai 1848 - 22 mai 2020

                                      

172e anniversaire de l'abolition de l’esclavage en Martinique.

C'est notre histoire, an nou sonjé !                                                                                                               

Cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique, plantation d’un arbre de la liberté, 1848.

Daguerréotype, photographe anonyme
Coll. Collectivité Territoriale de Martinique - Archives - 3Fi 2

 

En ce mois de mai, ponctué de plusieurs dates importantes de commémorations de l'abolition de l'esclavage, nous vous invitons à découvrir un précieux  témoin de notre histoire.

 

Acquis aux enchères en octobre 2017 auprès de la célèbre maison de vente Sotheby's, ce daguerréotype immortalise une cérémonie de plantation d'un arbre de la liberté symbolisant la fin de l’esclavage en 1848.

 

En effet, c’est par décret en date du 27 avril 1848 que le gouvernement provisoire de la République mit fin à l’esclavage dans toutes les colonies et possessions françaises.

Ce texte établissait le principe de l’affranchissement général, sans autre condition qu’un délai de deux mois après sa réception aux colonies. Mais les décisions prises à Paris mirent plus d’un mois pour parvenir à la connaissance des Antillais, l’envoyé du gouvernement provisoire ne débarquant en Martinique que début juin. Cependant, depuis les premiers jours de mars, les esclaves s’agitaient dans de nombreux ateliers de l’île et des pétitions rédigées par des gens de couleur circulaient à Fort-de-France, Saint-Pierre, le Prêcheur ou Case-Pilote. La tension atteignit  son comble les 21 mai à Saint-Pierre (on parvint  toutefois à éviter le massacre) et  22 mai au Prêcheur, où un affrontement sanglant entre gendarmes et travailleurs revenant de Saint-Pierre provoqua 25 morts et 50 blessés parmi les esclaves et gens de couleur.

Ces événements dramatiques poussèrent le gouverneur Rostoland à proclamer, dès le lendemain 23 mai, l’abolition immédiate de l’esclavage en Martinique, anticipant ainsi sur l’arrivée de l’envoyé du Gouvernement provisoire et  sur l’expiration du délai de deux mois prévu à l’article 1er du décret du 27 avril 1848 (1).

 

La plantation des arbres de la liberté se faisait avec une grande solennité teintée de patriotisme. Les esclaves libérés ont joué un rôle majeur dans ces cérémonies, portant souvent l'arbre de la liberté en procession et cousant des drapeaux français pour décorer la place de la ville (2).

On retrouve dans les publications d’époque, notamment le Journal officiel de la Martinique, nombre d'écrits sur ces rituels symboliques, mais relativement peu d'iconographie. Selon la maison de vente, les daguerréotypes réalisés à l'occasion de l'abolition de l'esclavage sont extrêmement rares.

 

Sur celui-ci, malgré une image inversée, caractéristique inhérente à ce procédé photographique, on parvient à distinguer, tout en haut de l'arche ornée de fleurs, l'inscription "Reconnaissance publique".

 

Nous vous invitons également à découvrir ou redécouvrir le dossier "L'Esclavage à la Martinique", bonne visite.

 

 

(1) BUTEL (Paul), Histoire des Antilles françaises  XVIIe-XXe siècle, Paris, Éd. Perrin, 2007, pp. 379-383.

 

(2) Catalogue de la vente de la maison Sotheby’s, en date du 5 octobre 2017, description du lot n°25.