Collection de périodiques

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Date

1806-1969

Conditions d'accès

Librement communicable.

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Reproduction soumise à autorisation.

Langue des unités documentaires

Français

Présentation du contenu

Présentation de la revue DJOK


Le journal de la communauté antillaise

La revue DJOK journal de la communauté antillaise était un hebdomadaire militant édité à Paris de 1976 à 1979. Le dernier numéro transmis au Dépôt Légal à la Bibliothèque Nationale de France François Mitterrand sous la cote FOL- JO- 19166, est le soixante.
L'histoire de ce journal est étroitement liée à celle de la ligue d'union antillaise, la LUA, association antillaise qui avait pris naissance à Paris en 1976. 
La ligue d'union antillaise avait pour objectif de réunir les antillo-guyanais vivant à Paris car ils vivaient repliés sur eux-mêmes dans un univers très différent de leurs pays d'origine Martinique, Guadeloupe, Guyane.  
Nous discutions également avec des camarades de la Réunion et de Nouvelle-Calédonie. Il arrivait aussi qu'on échange avec des gens de tous les pays qui se sentaient intéressés par notre travail.
Le travail de la LUA consistait essentiellement à réunir les membres pour effectuer différentes actions à la manière antillaise afin d'éveiller les consciences sur notre situation celle de l'émigration antillaise : 
Notre travail était basé sur la lutte contre le colonialisme et nos actions étaient diverses. Le local de l'association était situé rue Germain Pilon dans le 18ème. 
Nous avons commencé par réunir les enfants le mercredi pour parler des Antilles. Le samedi des camarades faisaient du boudin au local de l'association. Le bénéfice de ces ventes était utilisé pour arrondir les finances de l'association. Nous organisions des discussions sur l'histoire des Antilles et divers thèmes pour faire le bilan des luttes anti colonialistes ; des ateliers pour apprendre le tambour, la musique, les danses traditionnelles et même du théâtre. Lors de toutes nos rencontres, nous favorisions l'usage des langues créoles. Nous insistions particulièrement sur le travail avec les enfants et pendant les vacances scolaires, on organisait des colonies de vacances pour les sensibiliser aux valeurs de la culture antillaise, il y a même eu un voyage en Martinique pour une immersion chez l'habitant. 
Les ressources de l'association étaient uniquement les cotisations des membres et beaucoup de camarades ont dû mettre la main à la poche soit pour payer le loyer du local soit pour régler l'imprimeur. Nous n'avons jamais eu de subvention pour quoi que ce soit.
Le besoin d'un journal s'est fait ressentir pour pouvoir rassembler un plus grand nombre de personnes pour avoir de nouveaux membres dans l'association et renforcer notre situation financière. 
Le journal a donc vu le jour en novembre 1976 avec nous, membres de la LUA, tous novices en matière de journalisme. 
Nous avons réalisé un travail colossal pour la rédaction hebdomadaire, pour l'impression et surtout pour la distribution (on n'avait pas encore l'informatique).
• Le choix des textes se décidait le mercredi soir en comité de rédaction et la maquette de la mise en page se faisait à la main avec découpage et collage !
• Il fallait ensuite remettre la maquette à l'imprimerie Imprimeurs Libres avant jeudi soir et récupérer les journaux le lendemain pour assurer la distribution sur les marchés à partir du samedi. 
• Cette distribution se faisait beaucoup à la sortie des hôpitaux de Paris (l'AP) où travaillaient de nombreux compatriotes. On distribuait aussi à la poste, à la CAF, autres lieux de concentration des travailleurs antillais. Ensuite, on allait gare du Nord et gare de l'Est lieu de passage de milliers d'antillais. On allait aussi sur les marchés le samedi, marché d'Aligre et Belleville. Il fallait une organisation rigoureuse pour assurer tout ce travail et la gestion financière et logistique. Souvent, la police nous chassait quand nous allions sur les quais des gares ce qui nous permettait de toucher plus de lecteurs potentiels. 

Les thèmes abordés dans le journal étaient principalement la vie des antillais en France et au pays. On parlait de l'histoire, de musique, de la coiffure, de sport, de poésie, de cuisine. Chacun pouvait s'y exprimer en toute liberté. 

Nous avons été actifs pendant toute la période de parution du journal nous avions des abonnés et le courrier des lecteurs nous encourageait. 

Finalement, beaucoup de camarades sont rentrés dans leurs pays respectifs et il n'y avait plus assez de membres pour assurer la continuité de la parution. Le journal DJOK s'est arrêté en même temps que l'association la LUA faute de bénévoles.

Suzy DELBLOND

Mots clés lieux

N°56

Date

jeudi 12 mai 1978

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