Fonds de l'association diocésaine de la Martinique

 

Auteur : Etabli par Véronique Haustant, assistante de conservation du patrimoine avec la collaboration de Frédéric Kouby, attaché de conservation, Jean-Marc Léti, informaticien, Alessandro Lavopa, assistant de conservation du patrimoine, sous la direction de Dominique Taffin, directrice des Archives départementales.
Datation : 1674-1968
Cote : 26J
Organisme responsable : Archives départementales de la Martinique
Description physique : 1333 documents et registres, dont 397 numérisés
Langue des unités documentaires : Français


Origine

Evêché de la Martinique.

Trente-trois paroisses :

Paroisse Immaculé Conception (Ajoupa-Bouillon), Paroisse Saint Henri (Les Anses-d'Arlet), Paroisse Saint Jean-Baptiste (Basse-Pointe), Paroisse Saint Jacques (Le Carbet), Paroisse Notre-Dame de l'Assomption (Case-Pilote), Paroisse Saint Thomas (Le Diamant), Paroisse Nativité de la Sainte Vierge (Ducos), Paroisse Saint-Denis (Fonds-Saint-Denis), Paroisse Saint Louis (Fort-de-France), Paroisse du Sacré-Coeur (Fort-de-France, Balata), Paroisse Saint Michel (Le François), Paroisse Sainte Catherine (Grand' Rivière), Paroisse Notre-Dame de la Visitation (Gros-Morne), Paroisse Saint Laurent (Le Lamentin), Paroisse Saint Hyacinthe (Le Lorrain), Paroisse Sainte Anne (Macouba), Paroisse Saints Pierre et Paul (Le Marigot), Paroisse Saint Etienne (Le Marin), Paroisse Notre-Dame-de-la-Délivrande (Morne-Rouge), Paroisse Saint Martin (Le Morne-Vert), Paroisse Saint-Joseph (Prêcheur), Paroisse Notre-Dame du Bon secours (Rivière-Pilote), Paroisse Saint Jean-Baptiste (Rivière-Salée), Paroisse Sainte Rose de Lima (Le Robert), Paroisse Sainte Anne (Sainte-Anne), Paroisse Saint Esprit (Saint-Esprit), Paroisse Saint-Joseph (Saint-Joseph), Paroisse Sainte Lucie (Sainte-Luce), Paroisse Notre-Dame de l'Assomption (Sainte-Marie), Paroisse de la Sainte Trinité (La Trinité), Paroisse Notre-Dame de la Nativité (Schoelcher), Paroisse Notre-Dame de la Délivrance (Les Trois-Îlets), Paroisse Saint Jean-Baptiste (Le Vauclin).

Deux hôpitaux :

Hôpital militaire puis hôpital colonial, Hôpital civil


Biographie ou Histoire

Des débuts de la colonisation à la Restauration

Dès 1635, les premiers religieux arrivent à la Martinique et aidés par les habitants nouvellement débarqués dans l’île, ils s’installent et fondent progressivement des paroisses. L’évangélisation de l’île est au départ l’œuvre des séculiers et des capucins puis arrivent les jésuites et les dominicains. Ces missionnaires sont nommés par les préfets apostoliques des différents ordres et c’est l’administrateur de la colonie au nom du roi qui décide de la localité qu’ils doivent desservir. Ils travaillent dans des conditions très éprouvantes. Pour attirer ces religieux, on leur offre certains avantages : le seigneur propriétaire leur verse 6000 livres de sucre, monnaie courante de l’époque, et le roi leur affecte des pensions et des exemptions. Ils assurent le plus souvent un service religieux irrégulier. La diversité des ordres religieux dans la colonie entraîne des différences dans les pratiques religieuses d’une paroisse à l’autre.

De nombreuses mesures sont donc prises pour réglementer l’organisation des paroisses tant au niveau matériel qu’au niveau de la fonction curiale. Un marguillier, choisi parmi les habitants les plus riches du quartier est chargé de gérer les biens paroissiaux comme la location de bancs ou l’entretien de l’église, et de fournir au curé tout ce qui lui est nécessaire. Le marguillier mentionne tous les actes dans un registre de fabrique.

Les curés et vicaires ont le soin de visiter les malades, d’instruire les enfants, les esclaves et de constater l’état civil des habitants. Les baptêmes, mariages et sépultures d’esclaves sont le plus souvent inscrits sur des registres à part mais il arrive que les esclaves soient inscrits sur les registres de blancs.

Conformément au code Louis de 1667, les registres de catholicité sont au début des registres contenant à la fois les actes de baptêmes, de mariages et de sépultures. Cette ordonnance prescrit également la tenue des registres en double exemplaire. L’un est conservé par le curé et l’autre envoyé au greffe. A partir de 1777, un troisième registre est tenu et envoyé pour conservation au Dépôt des papiers publics des colonies créé par l’édit de juin 1776.

Le décret des 20-25 septembre 1792 confie aux municipalités la tenue et la garde des registres d’état civil. Cette loi n’est pas appliquée immédiatement à la Martinique en raison de l’occupation anglaise. Mais le Code civil (mars 1804), promulgué en novembre 1805 qui en reprend les dispositions est appliqué progressivement. Et, ce n’est qu’à partir de 1809 que l’enregistrement des actes de naissances, de mariages, de décès est effectué par des officiers d’état civil. Le clergé continue néanmoins à tenir ses propres registres de catholicité.

La période de la Révolution n’est pas très favorable aux ordres religieux. En 1793, à l’arrivée du gouverneur Rochambeau, les capucins pris à parti par les patriotes quittent la colonie et un certain nombre de paroisses restent sans desservant. Le concordat conclu entre le premier consul et le pape Pie VII le 15 juillet 1801 abroge la loi de séparation de l’église et de l’Etat de 1795. La Martinique du fait de l’occupation anglaise de 1794 à 1802 ne connaît pas cette première séparation et passe directement de l’Ancien Régime religieux au régime concordataire : par le décret du 13 messidor an X (12 juillet 1802), les dispositions du concordat sont appliquées. La colonie est donc partagée en deux arrondissements ecclésiastiques confiés chacun à un préfet apostolique placé sous l’autorité du capitaine général. Celui-ci nomme les curés sur la proposition du préfet apostolique, et tous les membres du clergé avant leur entrée en fonction doivent prêter solennellement serment de fidélité au premier consul. Cette organisation qui prévaut jusqu’à la création du diocèse mais avec un seul préfet apostolique au lieu de deux ne résout pas pour autant le manque de prêtres dans la colonie. Il est urgent d’entreprendre des réformes pour remédier aux déficiences du clergé colonial.




De la création du diocèse à la loi de séparation

A la demande du gouvernement de la Seconde République et suite aux démarches du Père Libermann, le 27 septembre 1850, le Pape Pie IX érige canoniquement la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion en diocèses. Les trois évêchés créés sont rattachés à la province de Bordeaux du fait de leurs relations commerciales avec cette ville. L’érection des colonies en diocèses n’écarte pas le gouvernement de la prise de décision dans le domaine religieux. Il joue un rôle important dans le choix de l’évêque et du clergé colonial. Tout sacre d’évêque par le Saint-Siège est précédé d’une nomination par le gouvernement et celui-ci met à la disposition des colonies, les prêtres recrutés par le Séminaire du Saint-Esprit. Les prêtres dépendent du pouvoir civil comme de simples fonctionnaires.

Le premier évêque de Fort-de-France, Mgr Leherpeur, arrive à la Martinique en 1851. La ville de Fort-de-France, siège officiel, ne s’est pas encore remise du tremblement de terre de 1839. Elle ne peut offrir à l’évêque une résidence et la cathédrale est en construction. Il s’installe donc à Saint-Pierre en 1853 et prend dès lors le titre d’évêque de Saint-Pierre et de Fort-de-France. Sa première tâche est d’augmenter le clergé local en favorisant sa formation par la création du grand et du petit séminaire. Considéré comme un évêque exemplaire, il développe la dévotion mariale en créant la paroisse et le pèlerinage de Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge, réorganise les conseils de fabrique des paroisses. Ses successeurs poursuivent son œuvre et multiplient la construction et la rénovation d’édifices religieux. Le diocèse connaît aussi quelques crises quant à son administration. A la mort de Mgr Porchez en 1860, le siège épiscopal reste vacant pendant 11 ans. En 1893, Mgr Carméné veut que son intérim soit assuré par les deux vicaires généraux, alors que le décret d’institution du diocèse prévoit qu’en cas de mort ou d’absence de l’évêque, l’administration est assurée par le premier vicaire général et qu’en cas d’absence du vicaire général, l’administration revient au second vicaire général.

A partir des années 1870, l’anticléricalisme s’affirme au sein de l’opinion et de l’administration locale. Les lois de 1880 sur la laïcisation de l’enseignement sont appliquées à la Martinique. Les frères de Ploërmel sont remplacés par des instituteurs. On enlève aux évêques toute influence, ils sont écartés du Conseil privé, du Conseil de l’Assistance publique et du Conseil supérieur de l’instruction publique et certaines congrégations sont supprimées.

La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat stipulant que "La République ne reconnaît, ne finance, ne subventionne aucun culte" est votée le 9 décembre 1905 en France. L’autorité religieuse publie une note pour interdire la création des associations cultuelles prévues par la loi et pour prescrire la conduite à tenir lors des inventaires. Cette loi, tout en donnant à l’Eglise une nouvelle liberté, pose des problèmes matériels. Les évêques coloniaux veulent empêcher son extension dans les colonies. A l’initiative de Mgr de Cormont, un conseil composé d’avocats et de notaires est constitué pour faire valoir les droits des évêques et des prêtres. Ce conseil soumet des projets au président de la République Loubet qui les accueille favorablement. En dépit de toutes ces actions, la loi de séparation est appliquée le 6 février 1911 aux colonies. Le traitement que l’Etat donne au clergé est supprimé et Mgr de Cormont revendique pour les prêtres des pensions de retraite convenables. Le clergé se retrouvant sans ressources, il fait donc appel aux fidèles pour subventionner la caisse du Denier du Culte qui est créée en 1909. Les conseils de fabrique sont dissous et remplacés par des conseils paroissiaux, les biens de l’église mis sous séquestre.

L’évêché de la Martinique est érigé en archevêché en 1967.



Histoire de la conservation

Ces archives ont été rassemblées par l'archiviste diocésain, le Père Bernard David et remises en dépôt en 1999 par Mgr Marie-Sainte aux Archives départementales. Les archives épiscopales antérieures à 1902 ont été presqu' entièrement détruites dans l'éruption de la montagne Pelée car l'évêque résidait à Saint-Pierre. Il ne reste que des épaves de la correspondance de Mgr de Cormont. La collection de lettres circulaires et pastorales provient de la reconstitution qu'en a faite l'abbé David dans les archives des paroisses. Les archives postérieures à 1906 n'ont été déposées à ce jour.



Modalités d'entrée

Dépôt de l'association diocésaine de la Martinique aux Archives départementales, 1999.



Présentation du contenu

Ce répertoire présente le fonds de l’association diocésaine de la Martinique. Ce fonds est composé de deux ensembles de documents : la correspondance des évêques et les archives des paroisses.

La correspondance des évêques est constituée d’états nominatifs du clergé, de lettres pastorales, de mandements, de circulaires de l’arrivée du premier évêque en 1851 jusqu’en 1968, d’objets et ouvrages sur la franc-maçonnerie et sur la sorcellerie recueillis par Mgr Varin de la Brunelière.

Les archives des paroisses sont essentiellement composées de registres de catholicité de trente-trois paroisses : Ajoupa-Bouillon, Anses-d’Arlet, Basse Pointe, Carbet, Case Navire, Case-Pilote, Diamant, Ducos, Fonds-Saint-Denis, Fort-de France (Cathédrale et Balata), François, Grand'Rivière, Gros-Morne, Lamentin, Lorrain, Macouba, Marigot, Marin, Morne-Rouge, Morne-Vert, Precheur, Rivière Pilote, Rivière Salée, Robert, Sainte-Anne, Saint-Joseph, Saint-Esprit, Sainte Luce, Sainte Marie, Trinité, Trois Ilets et Vauclin. On trouve également dans cet ensemble, pour certaines paroisses, des registres de confréries, de conseils de fabrique, des listes de communions, de confirmations et des documents relevant de l’administration paroissiale.

Intérêt du fonds

Ces documents sont une source d’information sur l’histoire religieuse de la colonie, sur les pratiques religieuses, sur les évènements qui ont marqué les paroisses. Les registres de catholicité apportent des renseignements complémentaires pour les recherches généalogiques et constituent une source d’information pour la démographie historique.


Conditions d'accès

La correspondance des évêques ainsi que les registres de confréries et de fabriques sont librement communicables. Les registres de catholicité ne sont communicables qu’au terme d’un délai de 100 ans. En raison de leur mauvais état de conservation, certains documents n'ont pas pu être numérisés.



Conditions d'utilisation

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